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Tsedek-Info
d'Israël n° 178 -- sept-oct 2026
Pot Pourri Politique sans Périodicité ni Priorité
-N°396 le
30/03/2026
En
Sourdine Juridique jusqu'à ce Jour, la Peine de Mort Réapparaît en Israël
Par
Albert Soued, écrivain, http://symbole.chez.com
05/04/2026
En France la loi
du 9 octobre 1981 met définitivement fin à la peine capitale en France.
La loi constitutionnelle du 23 février 2007 inscrit l'abolition de la
peine de mort dans la Constitution de la 5ème République de 1958 : l'article
66-1 affirme désormais clairement que "nul ne peut être condamné à
la peine de mort".
En Israël, la Knesset
(ou Parlement) vient d'adopter une loi instaurant la peine de mort pour
certains actes de terrorisme, par 62 voix contre 48.
Le cadre général
de la loi prévoit que toute personne " qui cause intentionnellement
la mort dans le but de porter atteinte à un citoyen ou résident israélien,
avec l'intention de mettre fin à l'existence de l'État d'Israël, sera
condamnée à mort ou à la prison à perpétuité ". Pour les Palestiniens
en Judée Samarie, la qualification " terroriste d'un homicide "
par la justice militaire conduit à l'application par défaut de la peine
de mort.
La loi fait l'objet
d'un recours devant la Cour suprême, déposé par l'Association pour les
droits civils en Israël, qui en conteste la légalité et la conformité
au droit.
Or la majorité des
attaques et tueries en Israël sont le fait des terroristes arabes du Hamas,
ou du Jihad Islamique.
En plus des 463
tués en 42 ans, le pogrom du 7/10/2023, le plus grand massacre
de Juifs depuis la Shoah, a provoqué plus de 1200
morts, 7300 blessés et 251 otages.
Malgré cela, nombreux
en Europe comme en Israël sont ceux qui critiquent le rétablissement formel
de la peine de mort pour un tueur terroriste !
La
Peine de Mort et son abolition en Israël
La question de la
peine de mort en Israël est particulière : elle existe légalement, mais
elle est quasiment totalement abolie dans la pratique.
Situation juridique
en Israël
En Israël, la peine
de mort n'est pas totalement supprimée par la loi, mais elle est extrêmement
limitée. Elle ne peut être appliquée que dans des cas très spécifiques,
notamment :
- crimes contre
l'humanité
- génocide
- crimes contre
le peuple juif
- trahison en temps
de guerre
Ces dispositions
proviennent notamment de lois adoptées après la Seconde Guerre mondiale.
Une
seule exécution dans l'histoire
Israël n'a procédé
qu'à une seule exécution civile depuis sa création : Adolf Eichmann, un
haut responsable nazi impliqué dans la Shoah, jugé à Jérusalem, exécuté
en 1962 après sa condamnation pour crimes contre l'humanité. Cet événement
reste unique et symbolique dans l'histoire du pays
Une
abolition de fait
Même si elle existe
encore dans la loi, Israël est considéré comme abolitionniste de facto,
car aucune exécution depuis 1962, les tribunaux ne prononcent quasiment
jamais cette peine, et même dans les affaires de terrorisme, elle n'est
pas appliquée.
Débats
sur le sujet
La question revient
parfois dans le débat politique, notamment face au terrorisme. Certains
responsables politiques ont proposé de réintroduire son usage, mais ces
propositions n'avaient pas abouti, restant très controversées, y compris
au sein de la société israélienne.
Position
internationale
Israël n'est pas
totalement aligné avec les pays européen, où la peine de mort est complètement
abolie en droit. Cependant, dans la pratique, Israël s'est rapproché des
États abolitionnistes.
En
résumé :
. Peine de mort
encore prévue par la loi
. Application extrêmement
rare (une seule fois)
. Abolition de fait,
mais pas totale juridiquement
Raisons
de la non abolition formelle de la Peine de Mort
Israël n'a jamais
totalement aboli la peine de mort pour diverses raisons historiques, juridiques,
politiques et symboliques. Il s'agit moins d'une volonté de l'appliquer
régulièrement que de la conserver comme ultime recours dans des situations
extrêmes.
1. L'héritage de
la Shoah
L'une des principales
raisons est l'expérience historique du peuple juif, et en particulier
la Shoah. Après la Seconde Guerre mondiale, les fondateurs d'Israël estimaient
qu'il devait exister un mécanisme juridique pour punir des crimes tels
que le génocide, les crimes contre l'humanité, la persécution des Juifs.
C'est pourquoi Israël a conservé la peine de mort pour des cas exceptionnels.
Le procès et l'exécution d'Adolf Eichmann ont renforcé cette idée : certains
crimes étaient considérés comme si extrêmes que l'État se devait d'appliquer
la peine maximale.
2. Une soupape de
sécurité juridique pour les crimes extrêmes Plutôt que de l'abolir complètement,
Israël a conservé la peine de mort comme outil juridique de dernier recours.
L'idée est la suivante : la peine capitale est prévue pour les crimes
exceptionnels (par exemple, le génocide ou la trahison en temps de guerre),
mais elle ne devrait quasiment jamais être appliquée. Cela crée un effet
dissuasif symbolique sans pour autant banaliser les exécutions dans le
système judiciaire courant.
3. Forte retenue
judiciaire et éthique
La culture juridique
israélienne, et notamment ses tribunaux, s'est montrée extrêmement prudente
à l'égard de la peine de mort. La Cour suprême d'Israël et, plus largement,
le système judiciaire insistent sur des exigences élevées en matière de
preuves ; la crainte d'erreurs judiciaires irréversibles ; les considérations
morales liées aux exécutions d'État. Par conséquent, même lorsque la loi
le permet, les juges évitent de l'imposer.
4. Débats sur la
sécurité et le terrorisme
Face aux menaces
sécuritaires constantes auxquelles Israël est confronté, notamment le
terrorisme, certains responsables politiques ont estimé que la peine de
mort devrait être maintenue pour les attentats terroristes majeurs et
les actes considérés comme des menaces existentielles. Cependant d'autres
affirment qu'elle pourrait exacerber la violence ou créer des martyrs,
et les services de sécurité s'y sont souvent opposés pour des raisons
pratiques
5. Équilibre international
et diplomatique
Israël entretient
des liens étroits avec les pays qui ont aboli la peine de mort, en particulier
en Europe. Son maintien intégral crée des tensions, mais son abolition
totale pourrait limiter les options juridiques dans les cas extrêmes et
avoir des implications symboliques quant à la justice historique. Israël
a donc adopté jusqu'à ce jour une position intermédiaire, la peine de
mort est maintenue légalement, mais elle est pratiquement inappliquée.
En conclusion,
Israël n'a pas aboli
la peine de mort, car elle constitue une garantie symbolique et juridique
pour les crimes les plus extrêmes, ancrée dans l'expérience historique
et les préoccupations sécuritaires actuelles. Dans le même temps, des
normes juridiques strictes et des préoccupations éthiques l'ont transformée
en lettre morte dans la pratique - une punition qui existe sur le papier
mais qui n'est presque jamais appliquée.
-- Torah
et Mishna
" Quiconque verse
le sang " : Le judaïsme soutient-il la peine de mort ?
La Torah prescrit
la peine de mort pour meurtre, mais les autorités rabbiniques en ont strictement
restreint l'application, la rendant rare par des exigences rigoureuses
telles que la présence de deux témoins oculaires et un avertissement préalable,
même si certains rabbins ont approuvé la peine capitale pour les terroristes.
"Quiconque
verse le sang d'un homme, par des hommes, son sang sera versé ; car Dieu
a fait l'homme à son image " - Ce verset du Livre de la Genèse place
la peine capitale au fondement du judaïsme. Au fil des générations, cependant,
cette peine a été assortie de nombreuses garanties afin d'éviter les erreurs
qui pourraient coûter la vie à un innocent.
Dans les sources
juives, le fait d'ôter une vie par ses propres actes est divisé en deux
sphères : le champ de bataille et le tribunal.
Sur les lieux d'un
incident, lorsqu'une personne se défend et se sent menacée, la règle est
la suivante : " Si quelqu'un vient pour te tuer, lève-toi tôt et tue-le
le premier " - Le livre de l'Exode aborde également le cas d'une personne
venue non pas pour tuer mais pour voler, arrivant " par effraction " (une
expression biblique désignant un cambrioleur s'introduisant par effraction).
Si l'on craint que, découvert, l'intrus ne s'en prenne à quelqu'un qui
tente de l'arrêter, il est permis de le tuer. De même, on peut tuer toute
personne soumise à la " loi du poursuivant ", c'est-à-dire une personne
mettant activement en danger la vie d'autrui.
Au tribunal, cependant,
des règles tout à fait différentes s'appliquent. Bien que la peine capitale
soit mentionnée dans les sources talmudiques, les sages (Hazal, les autorités
rabbiniques de l'époque talmudique) en ont imposé des limites strictes.
Le livre du Deutéronome
stipule : " Sur la déposition de deux ou trois témoins, on mettra à
mort ", et la procédure menant à une condamnation à mort était complexe.
Pour prononcer la peine capitale contre une personne reconnue coupable
de meurtre, les juges devaient procéder à des examens approfondis et interroger
au moins deux témoins qualifiés ayant assisté au crime, à proximité immédiate
de celui-ci. De plus, un avertissement préalable était nécessaire : une
mise en garde explicite, avant la commission de l'infraction, précisait
qu'elle était interdite et passible de la peine de mort.
Si un tribunal condamnait
une personne à mort à l'unanimité, sans opinion dissidente en faveur de
l'acquittement, le verdict était annulé. Même après le prononcé d'une
peine capitale, la loi rabbinique exigeait que si un témoin se présentait
et pouvait témoigner en faveur de l'accusé, ou même si l'accusé lui-même
affirmait avoir des arguments pour son acquittement, il est renvoyé devant
le tribunal et la procédure recommence.
La Mishna, dans
le traité Makkot, déclare : " Un Sanhédrin qui exécute une personne
tous les sept ans est qualifié de destructeur " - Rabbi Elazar ben
Azariah dit : " une fois tous les soixante-dix ans ". Rabbi Tarfon
et Rabbi Akiva disent : " si nous avions été au Sanhédrin, personne
n'aurait jamais été exécuté " - Dans le même temps, Rabban Shimon
ben Gamliel déclare : " Ils augmenteraient ainsi le nombre de victimes
en Israël " - ce qui signifie que, selon lui, l'absence totale de
peine capitale augmenterait le nombre de meurtres, en raison d'une dissuasion
insuffisante.
***
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